« SOIGNER SA FERTILITÉ » – DR CATHERINE VERMÈS

TITRE Soigner l’infertilité par les méthodes douces

COLLECTION Le corps et l’esprit

EDITEUR Grancher

PRIX 14 euros

BROCHÉ 169 PAGES

DATE DE PUBLICATION 2011

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Le programme donné par le titre « Soigner l’infertilité par les méthodes douces » est une fausse promesse tant au niveau de la réalité de l’infertilité qui, on le répète, a de multiples causes, que dans la réalité du livre qui propose bien plus une posture d’accompagnement des traitements médicaux d’AMP par les méthodes douces que de « soin » proprement dit. C’est le premier malentendu de ce livre qui contient cependant bon nombre d’informations intéressantes.

Le discours est tenu par un médecin. La chose a son importance car il regorge de jargons techniques ( un exemple : « des sessions d’entraînement pratiquées à une intensité supérieure à 60% de VO2 max […] augmentent la sécrétion de neuromédiateurs capables de perturber la pulsatilité de GnRH au niveau hypothalamique »). Cette posture de départ influe également sur la structure du livre : à la fois scolaire et compartimentée. Le livre commence par une partie consacrée à l’état des lieux épidémiologique, aux origines de l’infertilité, à l’orientation des couples infertiles. Je pense que rien dans cette partie ne fournira d’information nouvelle aux couples infertiles, si ce n’est des données purement démographiques dont ils n’ont, en terme pratique, pas grand chose à faire…

La seconde partie concerne l’environnement nutritionnel et le propos est  plus intéressant, car scientifiquement documenté, mis en perspective et parfois résumé pour des oreilles non jargonnantes. La troisième partie concerne l’acupuncture, dont les bienfaits ne sont plus à démontrer pour les patients qui suivent un traitement AMP. Ils sont cependant ici factuellement résumés et correctement explicités, jusqu’au déroulement précis d’une séance. L’ultime partie fait état du témoignage de plusieurs patientes du Dr Vermès qui constatent les bienfaits de l’acupuncture durant leurs parcours.

Personnellement, le titre du livre m’aurait fait espérer un tour d’horizon plus large que l’alimentation et l’acupuncture… Encore une fois, le titre est à tout le moins mal choisi. Il a néanmoins le mérite d’apporter un regard médical documenté sur deux domaines que sont l’alimentation et l’acupuncture… Est-il nécessaire de dépenser 14 euros pour cela ? A vous de juger.

L’auteur fait un état des lieux intéressant (bien qu’un peu daté puisque le livre date de 2011) concernant l’alimentation. Voici ce qu’elle en conclue :

« Chez la femme, il faut retenir en priorité le rôle important des anti-oxydants, des AGPI et des vitamines B9 et B12. Chez l’homme, il faut retenir en priorité l’impact des AGPI * associés aux anti-oxydants, les vitamines B9 et B12, le zinc, le sélénium, la carnitine et le coenzyme Q10 qui tous jouent un rôle sur le pouvoir fécondant des spermatozoïdes. »

* AGPI signifie acides-gras polyinsaturés : il s’agit des oméga-3 et oméga-6 que l’on retrouve dans le lin, le colza, les graines de chia, etc. Leur consommation réduit par exemple le risque d’endométriose, selon une étude citée par l’auteur.

Comme le note l’auteur, nous sommes passés du concept de nutrition adéquate à celui de nutrition optimale qui maximise les fonctions physiologiques, prévient les maladies, ce qui est évidemment un axe recherché en matière de soin contre l’infertilité.

Voici ses conclusions concernant l’assiette santé que chacun devrait adopter tous les jours :

  • 5 portions de fruits et de légumes
  • 4 portions de céréales complètes ou légumes secs
  • 3 produits laitiers
  • 2 portions de viande ou poisson ou oeuf
  • 1,5 litres d’eau minérale, de source ou filtrée

Les règles sont en résumé les suivantes : diversifier, limiter charcuterie et viande rouge à une fois par semaine, manger du poisson 3 fois pa semaine, préférer les cuissons à la vapeur douce, remplacer l’huile de tournesol par l’huile d’olive pour la cuisson et l’huile de colza, de cameline ou de noix pour les assaisonnements, rajouter pourquoi pas une cuillerée de poudre de lin sur certains plats, préférer les céréales complètes, supprimer produits industriels transformés et boire du thé vert.

Afin d’optimiser les prescriptions et de les enrichir pourquoi, de compléments alimentaires, l’auteur nous informe qu’il est possible voire nécessaire de réaliser un bilan nutritionnel biologique.  » Ces bilans spécifiques sont réalisés dans certains laboratoires d’analyses. Ils permettent d’évaluer notamment le profil des acides gras érythrocytaires (dont le fameux rapport oméga-3 oméga-6), le taux d’homocystine sanguin, les taux de zinc, cuivre et sélénium ainsi que l’évaluation du stress oxydant et bien d’autres paramètres santé. »

Concernant l’acupuncture, rien de bien neuf, l’auteur indique qu’elle a non seulement  une action locale mais également une action cérébrale prouvée. Elle indique que l’acupuncture a désormais une action vérifiée pour la gestion du stress, le sevrage tabagique et une action spécifique sur la fertilité.

Voici quelques citations extraites du livre qui vous donnent un peu le ton général et quelques infos clés :

  • Les femmes doivent être informées sur les risques liés aux polluants environnementaux, au même titre qu’elles le sont déjà pour l’alcool et le tabac.
  • Dès lors qu’elle est médicalisée, la procréation a cette particularité de ne plus être privée.
  • La maladie coeliaque est un intolérance au gluten. […] En conclusion, même si les les publications ne sont pas toujours concordantes, il semble que la maladie coeliaque soit plus fréquente chez les femmes mais aussi chez les hommes infertiles. Sa recherche devrait faire partie du bilan de toute infertilité inexpliquée.
  • Une étude israélienne plus récente a étudié la prévalence d’une déficience en vitamine B12 chez des couples infertiles.
  • […] les auteurs concluent donc à l’efficacité du zinc, administré seul.
  • Aujourd’hui on parle de MAC, pour médecines alternatives et complémentaires. Le Conseil National de l’Ordre des Médecins reconnaît et autorise quatre MAC : l’acupuncture, l’homéopathie, la mésothérapie et l’ostéopathie.
  • Une étude récente a mesuré le stress chez les hommes et les femmes se préparant à une FIV. Les symptômes de dépression, d’anxiété et de sensation de stress étaient significativement plus élevés chez les femmes que chez leur partenaire. Les patientes qui me consultent expriment en effet combien elles vivent mal la procréation médicalement assistée où les actes techniques sont parfois totalement déshumanisés.
  • Selon une étude publiée dans le British Medical Journal en février 2008 […] suite à la FIV, le taux de grossesse clinique était amélioré de 65% chez les femmes ayant pratiqué l’acupuncture comparé au groupe témoin.
  • Une patiente m’a rapporté il y a quelques temps le programme d’accompagnement du parcours de FIV d’une clinique situe au Royaume-Uni. Il est notable de constater que les protocoles classiques de FIV sont associés à un accompagnement par acupuncture, par la nutrition comportant des conseils sur l’alimentation, la prise de vitamines, de DHA (cet acide gras poly-insaturé) et une séance de visualisation par hypnose avant la ponction ovocytaire.
  • A toutes les femmes qui me consultent, mon conseil est le suivant : essayez tout ce qui est possible, l’acupuncture notamment mais aussi l’ostéopathie qui a également démontré son intérêt, ne baissez pas les bras après un échec et changez votre mode de vie dans le sens d’une augmentation du bien-être et d’une amélioration de l’hygiène de vie (alimentation, sommeil, sport modéré, lutte contre le stress, etc.)
  • [S’agissant des femmes ayant accepté de témoigner dans cet ouvrage] : Qu’elles soient ou non engagées dans un parcours de PMA, subissant injections, ponctions, examens multiples, elles ont choisi de ne pas tout déléguer à la technique mais au contraire de réinvestir leur corps, le choyer, le nourrir de façon appropriée.