OSTEOPATHIE

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© dessin : not much to say

L’ostéopathie est une thérapie très connue en France mais peu de personnes l’associent aux soins concernant la fertilité. Au-delà du soin mécanique apportés à des maux de dos, l’ostéopathie permet pourtant de diminuer le stress, de fluidifier la circulation d’énergie dans le bassin, dans le ventre, de résoudre des problèmes digestifs ou de pacifier les troubles de sommeil consécutifs aux traitements… Il existe plusieurs « branches » au sein de l’ostéopathie et il vous faudra faire le tri en expérimentant par vous-même si le dispositif de soins vous convient. Dans tous les cas, cette approche naturelle, holistique, sous réserve qu’elle soit pratiquée par un praticien diplômé, peut sans aucun doute vous apporter un peu de bien-être… dans ce monde de brutes !

Logo_5things_1L’ostéopathie est une technique de soins non conventionnelle, qui repose sur la manipulation manuelle (os, muscles, articulations), en vue de prévenir ou traiter différents troubles musculo-squelettiques et les douleurs associées.

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L’ostéopathie repose sur trois concepts originaux: la main, outil d’analyse et de soin, la prise en compte de la globalité de l’individu et le principe d’équilibre tissulaire [source: osteofrance.com]

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L’ostéopathie est réglementée par la loi Kouchner de 2002, qui reconnaît le titre d’ostéopathe et de chiropraticien, formation sanctionnée par un diplôme spécifique (5 ans d’étude). Les ostéopathes diplômés indiquent en principe, sur leur plaque, la mention « DO » qui signifie diplômé(e) en ostéopathie ou « DC », précise le ministère en charge de la santé. Il est important de s’assurer que le praticien a suivi une formation reconnue.

Logo_5things_4L’académie nationale de médecine a établi en 2013 un rapport qui place l’ostéopathie (tout comme l’acupuncture, l’hypnose, le taï-chi) comme une thérapie complémentaire pouvant être considérée comme une « ressource de soin ».

Logo_5things_5Les soins d’ostéopathie ne sont pas remboursés par la sécurité sociale mais le sont parfois par certaines mutuelles dans la limite d’un montant forfaitaire annuel.

[principale source : ooreka.fr ]

En matière d’infertilité, il n’existe pas de protocole standard de prise en charge validé par des étude scientifiques. Le praticien ausculte cependant tout particulièrement le bassin, le sacrum, le coccyx, les hanches, les viscères, le diaphragme ; mais aussi la colonne vertébrale directement liée au bassin. Il s’intéresse enfin au crâne, car il renferme des glandes endocrines qui sécrètent des hormones indispensables à la fertilité. Chaque ostéopathe travaille à sa manière, en fonction de son expérience.

Toutefois, de grandes lignes permettent de comprendre de façon globale le déroulement d’une séance d’ostéopathie.

En avant-propos, 2 conseils pratiques : éviter de prendre des anti-douleurs avant car ils peuvent fausser une partie des tests et boire beaucoup d’eau après (dans les heures et les jours qui suivent) pour éliminer les toxines libérées par les manipulations.

Une séance se décompose habituellement en environ 5 temps essentiels :

1. l’anamnèse (interrogatoire) / 2. les tests / 3. le traitement proprement dit / 4. la vérification / 5. les conseils.

La séance durera entre une demi-heure et une heure en fonction de votre motif de consultation, de votre histoire et de l’expérience du praticien.

L’INTERROGATOIRE ou ANAMNÈSE

L’anamnèse est la première étape de la consultation. Elle intervient rapidement après avoir fourni à l’ostéopathe les informations d’usage (nom, prénom, coordonnées, éventuellement profession et date de naissance). En réalité, lorsque la personne s’assoit, l’ostéopathe a déjà observé le patient lors de son déplacement dans la salle d’attente et la façon dont celui-ci s’est assis. Le patient est invité à formuler : le motif de consultation (dans votre cas, l’infertilité proprement dite ou bien des troubles liés aux traitements par exemple), les pertes de mobilité éventuelles, les antécédents concernant sa santé.

Si le patient dispose d’examens médicaux (analyses de sang, radiographies, IRM, scanner, etc.), l’ostéopathe demandera à les voir. Ces examens peuvent parfois fournir de précieuses informations.

LES TESTS

Dans un deuxième temps, une fois l’anamnèse terminée, l’ostéopathe va demander à son patient de se mettre en sous-vêtements. À savoir : certains ostéopathes (une minorité) traitent leurs patients tout habillés. C’est notamment le cas des thérapeutes qui pratiquent l’ostéopathie tissulaire de façon exclusive.

L’ostéopathe procède alors à des tests. Ceux-ci varient en fonction des praticiens et des motifs de consultation.

* L’observation : fixe puis en mouvement (l’ostéopathe demande au patient de se pencher en avant, de se cambrer, de s’incliner à gauche puis à droite et il évalue les pertes de mobilité et les douleurs calmées ou augmentées en fonction des mouvements)

* les tests palpatoires : l’ostéopathe pose ses mains sur le patient et teste les zones qui ont retenu son attention aussi bien au cours de l’observation que de l’anamnèse

* les tests d’exclusion qui permettent à l’ostéopathe de s’assurer qu’il n’y a aucun problème sous-jacent ne relevant pas de sa compétence

LE SOIN

En fonction des différentes informations collectées au cours des étapes précédentes, l’ostéopathe sait quelles zones il doit aller traiter. C’est l’histoire du patient et l’intensité des blocages qui vont définir l’ordre dans lequel le praticien va traiter les différentes pertes de mobilité.En tant que patient, n’hésitez pas à demander à votre ostéopathe de vous expliquer sa démarche s’il ne le fait pas spontanément. Le traitement ostéopathique s’effectue allongé sur la table d’ostéopathie et le thérapeute peut demander au patient de se mettre sur le ventre, le dos, le côté ou de s’asseoir en fonction des techniques qu’il effectue.

LES VÉRIFICATIONS

Après avoir effectué tout ce qui lui paraissait judicieux, l’ostéopathe vérifie les résultats immédiats de son traitement. L’ostéopathe peut vérifier certaines zones tout de suite après les avoir manipulées et pas nécessairement en fin de séance. En fonction du travail effectué et des résultats escomptés, le praticien peut demander à son patient de refaire les gestes qui étaient sensibles en début se consultation, afin d’évaluer les changements.

Il est très important de signaler que les séances d’ostéopathie vont « travailler » dans le corps dans les 72 heures qui suivent. Ainsi, l’absence de résultats immédiats n’est pas du tout significative. Cela est d’autant plus vrai que l’organisme n’a pas pu intégrer l’ensemble des informations qui ont été transmises au système nerveux au cours de la séance. En effet, le corps était allongé sur la table et les appuis au sol sont nécessaires pour permettre l’intégration nerveuse. Ce sont donc au cours des trois ou quatre jours qui suivent que les effets du traitement se feront sentir.

LES CONSEILS

L’ostéopathe peut vous donner ensuite des conseils alimentaires, des conseils pour soulever des objets en pliant bien les jambes et en gardant le dos bien droit, des recommandations pour faire du sport, des exercices pour muscler son dos, des prescriptions de compléments alimentaires ou vous recommander d’aller voir un confrère.

Parfois, les douleurs augmentent avant de diminuer. Voilà pourquoi il faut attendre 4 jours avant de faire le point et d’éventuellement rappeler son ostéopathe. Les séances doivent être espacées d’au moins 10 jours.

L’ostéopathie peut permettre de préparer et de stimuler l’ovulation, la fécondation et la nidation.

Le praticien va agir sur une liste de points susceptibles d’accompagner une personne infertile, en permettant notamment :

* la vascularisation de l’utérus

* la mobilité du bassin

* la mobilité des organes génitaux

* le passage de l’information entre les organes de reproduction et les glandes (­hypophyse et hypothalamus) responsables de la production d’hormones sexuelle

* la réduction du stress et l’amélioration de la qualité du sommeil

* une diminution des symptômes et des effets induits par l’endométriose

* la diminution des migraines, nausées, troubles de l’appétit et de la digestion liés aux traitements médicamenteux

La liste n’est évidemment pas exhaustive mais elle permet de comprendre les bénéfices principaux d’une séance d’ostéopathie.

[Céline Rousseau – avril 2016]

Je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui sans l’ostéopathie. C’est une thérapie qui a accompagné des moments fondamentaux de mon existence, notamment durant les traitements AMP et qui m’a indiscutablement permis d’aller mieux.

Je voudrais notamment parler des séances prodiguées par Hillary Salmond, à Nîmes. Elle pratique l’ostéopathie crânienne. Elle m’a accompagnée durant les 3 dernières tentatives de FIV soit depuis 2013. A certains moments où les traitements étaient si éprouvants qu’il me devenait pénible de conduire, de marcher et même parfois de me lever, elle a su être là pour moi : disponible, bienveillante, joyeuse et incroyablement compétente. Elle m’a redonné de l’énergie pour faire face au quotidien, elle a apaisé mon ventre hyper-tendu couvert d’hématomes après les piqûres, elle m’a permis de retourner un sommeil réparateur, une meilleure digestion. J’ai le souvenir précis d’une séance très longue et très intense après laquelle j’ai dormi quasiment 24 heures. C’était à quelques jours de la ponction : mon ventre était si lourd, j’étais si épuisée les vertiges, les nausées si intenses. Je ne sais pas si j’aurais eu la force d’aller à l’hôpital sans elle.

Aucune des tentatives de FIV durant lesquelles Hillary m’a accompagné n’a fonctionné. Je n’en tire toutefois aucune conclusion car encore une fois, les baguettes magiques n’existent pas et je n’étais pas venue chercher une solution à l’infertilité mais une écoute et un soin pour faire face à des symptômes précis. L’ostéopathie a occupé une place fondamentale d’accompagnement durant mes traitements.

François Allart, ostéopathe
François Allart, ostéopathe (Annecy)

1- Quel type d’ostéopathie pratiquez-vous et pouvez-vous la définir rapidement ? 

Concernant le type d’ostéopathie que je pratique : je peux dire que c’est dans l’esprit du  fondateur le Docteur Andrew Taylor Still, faisant appel à des techniques structurelles, crâniennes , viscérales et myo-faciales choisies en fonction de chaque cas. Cette approche exclut tout technique non-ostéopathique. En effet un certain nombre d’ostéopathes pratiquent des approches non référencées sous couvert de l’ostéopathie pour les valider aux yeux de leurs patients.

2 -Existe-t-il à votre connaissance des études qui montrent les bénéfices de cette pratique pour accompagner les patients en AMP ? Si oui, lesquelles ?

Il n’y a pas d’études référencées sur ce sujet. Vous savez que le monde médical n’est pas très enclin à travailler avec nous. En tout cas les preuves de notre action sont dans les résultats cliniques, c’est à dire que nous pouvons constater qu’un certain nombre de femmes sont enceintes après un traitement ostéopathique et en l’absence de traitement médical, alors qu’elles étaient en attente depuis plusieurs mois. Cependant, il faut rester modeste car il y a beaucoup de facteurs en jeu et nous ne les maîtrisons pas tous. Des études devraient voir le jour dans quelques mois.

3 – Avez-vous pu constater, en tant que praticien, les bénéfices des séances ? Si oui, lesquels ? Avez-vous quelques anecdotes positives à partager ?

Un exemple: une jeune femme 33 ans n’arrive pas à être enceinte depuis plus de 2 ans sans traitement médical. Tableau d’une trompe oblitérée donc seule une trompe fonctionne donc la fertilité est diminuée de 50%. On retrouve de l’autre côté, un ovaire peu mobile par rapport à la trompe donc captation de l’ovocyte difficile.Une seule séance a suffi pour obtenir une grossesse en redonnant de la mobilité à l’ovaire. Et il y a bien d’autres cas similaires.

4 – Chaque cas est bien évidemment différent mais avez-vous défini un protocole ? Si oui, pouvez-vous le décrire (déroulement, fréquence, timing par rapport au traitement, etc.) ? 

– Première séance : on passe en revue tous le système ostéo-articulaire  et myo-facial  ( bassin, colonne vertébrale, membres inférieurs etc …….)

–  Deuxième séance est dédiée à l’approche gynécologique pour vérifier la mobilité utérus, trompes, ovaires mais aussi les autres éléments viscéraux

– Troisième séance : on s’intéresse à l’axe du stress (ces couples sont très stressés par les échecs répétés) et à l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien ou testiculaire par des techniques crâniennes et glandulaires. Il n’y a pas beaucoup d’hommes qui viennent se faire traiter. Et pourtant … la femme n’est pas toujours responsable !

Le but de l’ostéopathe n’ est pas de soigner des symptômes mais de rechercher les causes des dysfonctionnements.

5 – En tant que praticien, souhaitez-vous faire passer un message aux patients qui se trouvent confrontés à l’infertilité ? 

Avant de s’engager dans un processus médical, je leur conseillerais d’essayer un traitement ostéopathique (3 séances à 1 mois d’intervalle chacune).

Je me souviendrai toujours d’une femme que j’avais pris en traitement après un échec de traitement médical sans d’autres traitements proposés et qui m’a dit: «Vous m’avez permis de me réapproprier mon corps», car elle se sentait un numéro! Elle a été enceinte quelques semaines après le traitement ostéopathique.

Nous avons le mêmes pourcentages de réussites que la PMA. Si nous avions la possibilité de travailler en synergie avec le monde médical, nous pourrions probablement augmenter le taux de réussite mais nous dérangeons…

L’association de traitement ostéopathique et médical  peut se faire en même temps mais demande de bien connaître les processus mis en place par la PMA. Pour trouver un ostéopathe habitué à traiter ce genre de problème, renseignez-vous autour de vous et vous pouvez contacter le Registre des Ostéopathes de France (ROF).

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POUR ALLER PLUS LOIN

* Un bon article dans Santé Magazine sur le lien bénéfique entre ostéopathie et infertilité

* Un très bon article un peu technique mais ultra-détaillé sur les soins en ostéopathie liés à la problématique d’infertilité

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