EMDR

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dessin © not much to say

« Bouger les yeux pour guérir l’esprit » :  ainsi résumé, cela sonne comme une blague, ce n’en est pas une. C’est même une pratique tout à fait sérieuse, extrêmement documentée d’un point de vue scientifique et qui est actuellement une thérapie reconnue dans le monde entier pour le traitement du stress post-traumatique. C’est également une thérapie qui permet, en moyenne en quelques séances (5 en moyenne), de dépasser des évènements douloureux issus de son passé en permettant de mettre à distance l’émotion liée à un souvenir, pour ne plus qu’elle vous submerge.

Si vous pensez que votre infertilité peut être le fruit d’une blessure émotionnelle profonde ou bien que cette situation d’infertilité a créé un traumatisme, pourquoi ne pas tester… ?

Logo_5things_1EMDR sont les initiales de Eye-Movement Desensitization and Reprocessing ou en bon français Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires, même si la méthode ne se limite désormais plus à l’utilisation du mouvement des yeux.

Logo_5things_2Cette thérapie est le fruit d’une découverte fortuite faite en 1987 par Francine Shapiro, chercheuse à l’université de Palo Alto en Californie qui s’est aperçue qu’un mouvement oculaire rapide de gauche à droite lui permettait de diminuer la douleur psychique et la perturbation générée par certaines pensées. Cette méthode a rapidement révolutionné la conception et la pratique de la psychothérapie. En juillet 2002, Francine Shapiro a reçu le prix Sigmund Freud décerné par le Congrès Mondial de Psychothérapie.

Logo_5things_3Le protocole de la thérapie EMDR repose sur la confiance dans la capacité d’auto-guérison du patient. C’est une approche centrée sur la personne qui s’inscrit dans la lignée des thérapies comportementales et des thérapies brèves. Elle est particulièrement efficace pour le traitement du stress post-traumatique dans un cadre civil ou militaire et à titre d’information, le département de Défense américain la recommande désormais officiellement dans le traitement de cette pathologie.

Logo_5things_4A l’heure actuelle, les scientifiques n’ont pas complètement élucidé le phénomène de l’EMDR. Une des hypothèses retenues pour expliquer son efficacité serait qu’il permet le retraitement des informations et des émotions selon un processus semblable à celui qui se déroule durant le sommeil paradoxal, appelé aussi sommeil REM (REM est le sigle de Rapid Eye Movement, mouvements oculaires rapides).

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La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (de l’enfant – même en bas âge – à l’adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques. Il peut s’agir de traumatismes « évidents », avec un grand « T », tels les violences physiques et psychologiques, les abus sexuels, les accidents graves, les décès, les maladies graves, les catastrophes naturelles, les situations de guerre et attentats, etc. Il peut s’agir aussi d’événements de vie difficiles ou de traumatismes avec un petit « t », qui passent inaperçus et peuvent être la source d’émotions ou de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne (source emdr france)

[source : « résilience psy » – Evelyne Josse / Vice-présidente de l’association EMDR-Belgique]

L’EMDR est une thérapie à part entière et comme telle doit être menée consciencieusement.

Elle débute par un, voire plusieurs entretiens préliminaires. Ces entretiens préparatoires sont indispensables pour créer une interaction de qualité entre le thérapeute et son patient. Par ailleurs, ils s’imposent par la nécessité de recueillir un certain nombre d’informations. Le praticien veillera à récolter les éléments importants concernant la vie du sujet et fera une anamnèse sérieuse de la problématique motivant la demande de traitement. Ces entrevues préalables permettent donc d’établir un bilan qui précisera l’indication de l’EMDR et, le cas échéant, sa contre-indication. Au-delà de ce bilan d’évaluation, cette étape préparatoire permet aussi de fournir toutes les informations utiles sur l’EMDR, de démystifier la technique et de répondre aux interrogations du patient. Il s’agira notamment de raisonner ceux qui attendent de cette technique des effets magiques et instantanés. Nous l’avons vu, ces effets miraculeux sont fréquents dans les traumatismes et les phobies simples mais nettement plus rares dans les traumatismes complexes et l’anxiété généralisée. Ces conditions étant réunies, la thérapie EMDR proprement dite peut commencer.

Avec la participation du patient, le psychothérapeute identifie le souvenir ou la situation à l’origine des difficultés (par exemple, un accident de roulage) et s’il en existe plusieurs, établit des priorités de traitement.

Il propose au patient de déterminer la pensée négative (par exemple, « Je vais mourir »), les émotions (par exemple, la peur, l’angoisse, la terreur) et les sensations physiques (par exemple, « la boule au ventre ») actuelles associées à la situation-cible perturbante ainsi que la pensée positive par laquelle il souhaite remplacer la cognition négative (par exemple, « Je suis en sécurité »). Il l’invite à évaluer l’ampleur de sa détresse sur une échelle subjective étalonnée de 0 à 10 et la validité de l’idée positive sur une échelle de 1 à 7.
Il convie le patient à garder à l’esprit la situation-cible (par exemple, le camion arrivant droit sur son véhicule), la pensée négative, les émotions et les sensations physiques associées.

Vient ensuite la phase de stimulations bilatérales alternées par le biais de mouvements oculaires (le patient suit des yeux les doigts du thérapeute ou un objet en mouvement), de stimulations tactiles (le thérapeute tapote de manière alternée les mains ou les genoux du patient ou lui demande de tenir en main des pelotes émettant des vibrations) ou de stimulations sonores (il claque des doigts alternativement à droite et à gauche ou utilise un émetteur de bips sonores). Le thérapeute interrompt les stimulations, encourage le patient à exprimer ce qui se produit en lui et lui demande d’évaluer son niveau de perturbation sur l’échelle introduite lors de la phase précédente. Durant cette phase, le patient peut traverser des émotions intenses. Le thérapeute répète les sets de stimulations jusqu’à ce que le patient évalue sa détresse à 0 ou à 1.

Une fois la cible « désensibilisée » débute la phase de retraitement. Le thérapeute utilise les stimulations bilatérales pour installer l’idée positive. Il poursuit les sets jusqu’à ce que le patient évalue la validité de la cognition positive à 6 ou à 7.

Le thérapeute vérifie ensuite que la pensée positive associée à l’image-cible ne perturbe plus le patient. Il lui demande d’effectuer un « scanner du corps » (en anglais, body-scan) en passant en revue toutes ses sensations corporelles des pieds à la tête. Cette phase a pour but de repérer les tensions ou sensations négatives qui subsisteraient et de les dissiper à l’aide de nouvelles séries de stimulations bilatérales.

Le thérapeute terminera la séance par un petit débriefing.

[Témoignage de Céline Rousseau – avril 2016]

J’ai expérimenté l’EMDR pendant 3 séances lors de mon passage à Salies de Béarn en avril 2014. Nous avons commencé par une analyse psycho-générationnelle, autrement dit une analyse de ma famille, de mon arbre généalogique, des antécédents familiaux, des schémas qui se répétaient de génération en génération. Dans mon cas, cette démarche était très pertinente puisque mon infertilité est inexpliquée et que de nombreuses femmes ont connu des problématiques similaires dans ma famille. C’est ainsi que j’ai exploré la piste du « blocage » psychologique.

J’ai identifié une problématique autour de la notion d’abandon (en l’occurrence d’un enfant) et j’ai trouvé un souvenir ou du moins, une histoire familiale assez ancienne qui faisait écho à cette émotion douloureuse autour de la parentalité et du désir d’enfant.

Le déroulement de la séance est tout à fait saisissant, proche de l’hypnose bien que l’on reste parfaitement conscient tout en suivant ponctuellement un stylet qui vadrouille de droite à gauche. On plonge ensuite à l’intérieur de soi les yeux fermés et il convient alors de décrire ce qu’on ressent avec précision. Les émotions affluent les unes après les autres, de manière très violente, on passe de la peur à la colère puis à la peine, etc. J’ai visualisé énormément de choses tout étant guidée par la voix rassurante de la praticienne. J’ai eu l’impression d’avancer sur une sorte d’autoroute de l’émotion et le sentiment final est celui de la libération, du pardon, de l’acceptation. Le récit se modifie, les souvenirs s’effacent ou se ravivent mais l’émotion elle, sert de fil conducteur.

Les séances sont littéralement épuisantes. Quand je sortais, je ne voulais plus ni parler ni bouger, j’aurais voulu rester couchée dans mon lit jusqu’au soir. Cela ne m’était jamais arrivé. L’effet profond est difficile à décrire mais il émerge au bout de quelques jours, il n’est pas immédiat. Quelque chose se délie, se détend, le souvenir ou l’évocation d’une situation similaire au souvenir ne génère plus de douleur ou de chagrin. Ce qui doit s’appeler : être en paix.

Je n’ai pas réussi à tomber enceinte suite à ces séances mais peu importe, ce fut une réussite : j’ai avancé d’un grand pas dans la compréhension de mon histoire familiale et je me suis sentie bien mieux.

Eva
Eva Pottier

Lors de vos séances, vous mettez en pratique les outils théoriques de l’analyse transgénérationnelle et les outils pratiques de l’EMDR afin d’accompagner des couples en situation d’infertilité, pouvez-vous définir rapidement ces 2 pratiques ?

Travailler en biopsychogénéalogie, c’est faire des liens entre notre vie personnelle et le vécu de nos ancêtres. C’est une démarche d’exploration ou nous allons chercher des causes émotionnelles à cette infertilité dans l’histoire personnelle mais aussi dans l’histoire familiale. Ensemble, nous creusons ces zones de souffrance pour comprendre pourquoi il y a un  » programme » de stérilité car ce n’est  qu’un programme et un programme de survie. Par exemple, une grand mère meurt en couche et la petite fille n’arrive pas à avoir d’enfant. Le message transgénérationnel est : « l’enfant tue ». Le cerveau associe le risque de mort et l’enfantement et programme la stérilité.
L’EMDR ( « désensibilisation et retraitement par le mouvement occulaire ou Intégration neuro-émotionnelle par le mouvement  oculaire »)  consiste alors à faire parler la personne de la situation stressante et à déplacer un doigt ou un objet devant le regard dans un mouvement latéral de gauche à droite et de droite à gauche. Ce processus se produit de façon naturelle et spontanée lorsque nous dormons pour « digérer » les conflits émotionnels de la journée. Cependant si le traumatisme est trop violent, trop intense, répétitif…. le cerveau n’arrive plus à le gérer.

Avez-vous pu constater, en tant que praticienne, les bénéfices des séances pour les personnes infertiles ? Si oui, lesquels principalement ? 

Lorsque je reçois une personne en situation d’infertilité, je m’assure d’un suivi médical et je demande le diagnostic. Y a-t-il une pathologie, un dysfonctionnement ou bien est-ce une stérilité inexpliquée ?

Ensuite, nous posons ensemble son arbre généalogique, nous explorons les événements les plus difficiles qu’elle a vécus et avec l ‘EMDR ou d’autres outils qui peuvent varier d’une séance à l’autre, nous levons les traumatismes, les croyances erronées… jusqu’à se retrouver en paix avec soi même et avec sa lignée. La première séance peut durer 2 heures voire plus et elle est parfois suffisante. S’il y a besoin d’autres séances (pas plus de 2 ou 3), elles sont en général plus courtes (environ 1 h).
Je ne peux mesurer les bénéfices des séances que par le retour des patientes qui témoignent et c’est leurs mots « d’un apaisement, d’un allègement, d’une libération, d’une sensation de vie… » ou par l’annonce d’une grossesse.

MOTS CLÉS

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Cette carte indique des praticiens recommandés par des internautes qui ont certifié avoir expérimenté eux-même le thérapeute et avoir été confronté à l’infertilité. Pour l’enrichir, si vous connaissez une bonne adresse d’acupuncteur et que vous êtes ou avez été confronté à l’infertilité, n’hésitez pas à la partager

POUR ALLER PLUS LOIN

Longue interview de David Servan-Schreiber, auteur du best-seller « guérir » et co-fondateur de l’association EMDR France.

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